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Patrimoine
Bassin minier à L'Unesco, dernière ligne droite !
 Paysage minier depuis Vimy/Mission Bassin Minier
L'inscription du Bassin Minier Nord-Pas de Calais à l'UNESCO a été validée et présentée par la France le 25 janvier 2010. Un petit pas encore dans le long processus de classement, mais un pas de géant vers la reconnaissance définitive de ce patrimoine nordiste.
Lorsqu'en 1990 la dernière gaillette de charbon de la région est extraite à Oignies, elle laisse une région meurtrie, marquée par le chômage et le marasme économique. A l'époque, que ce soient les habitants comme les communes, on souhaite plutôt tourner la page de cette épopée industrielle certes hors-du-commun, mais humainement difficile. Pourtant un petit groupe d'irréductibles, mené par Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle, décide de hisser ces lieux enclavés au rang de patrimoine historique. Comme un pied de nez au scepticisme général, l'association BMU (Bassin Minier Uni) voit le jour en 2003. Elle fédère les acteurs du tourisme local, les élus et la population locale autour du projet, et commence un travail titananesque de recensement (15 kg de dossier !) qui aujourd'hui porte ses fruits.
Universel et exceptionnel
Ces deux critères sont le sésame à l'entrée du territoire au patrimoine mondial au titre de "paysage culturel évolutif", choisi par les porteurs du dossier Bassin Minier Unesco. Universel, il l'est, puisque le territoire est à l'image d'autres sites miniers tel le site de Zollverein dans la Rhur (déjà classé) : même paysage, même héritage humain, social et culturel : les cités ouvrières, la richesse culturelle suscitée par l'immigration de mineurs étrangers, les loisirs communautaires (la colombophilie par ex.), etc... Autant de caractères retrouvés d'un pays à l'autre. Exceptionnel, le territoire l'est aussi, par son ampleur (4 000 hectares !), son homogénéité et sa longévité (une épopée de trois siècles, commencée en 1720). Car le bassin minier, à la différence d'autres sites UNESCO tels que les beffrois, les rives de la Seine ou encore le Mont Saint-Michel, c'est un territoire perçu pour la première fois dans sa plus complète globalité : géographique, historique, architecturale et humaine : 3 943 hectares de Condé-sur-l'Escaut à Enquin-les-Mines, 87 communes, 17 fosses, 51 terrils, 124 cités minières !
L'après UNESCO
Concrètement qu'impliquerait cette reconnaissance mondiale au niveau national et régional ? Pas de financements, mais un vrai levier pour la poursuite souhaitée de la mise en réseau des grands du territoire comme « Lewarde » et le futur Louvre-Lens. Un vrai coup de pouce aussi pour la politique de développement durable déjà entreprise (rénovation HQE, valorisation de la faune et la flore issues des friches minières, etc...). Une vraie renaissance pour une terre que l'industrialisation a bien malmenée. Evidemment, le nombre de visiteurs risque aussi d'exploser ! André Dubuc, directeur du Centre Historique Minier de Lewarde rappelle l'urgence d'adapter l'offre touristique à l'afflux de visiteurs prévus : « il ne faudrait pas rater la préparation du Louvre-Lens et de l'Unesco ». Il souhaiterait ainsi « mettre en réseau les petits musées miniers ». La renaissance du bassin minier est en marche, attention à ne pas rater la berline !
Les étapes du dossier : 2002 : inscription sur la liste indicative. 2003 : lancement association BMU (Bassin Minier Unifié). octobre 2005 : dépôt du dossier au Ministère de la culture (choix d'une seule candidature par an) à soumettre à l'UNESCO. juin 2009 : 69 édifices issus de l'héritage minier sont protégés aux monuments historiques. 25 janvier 2010 : la France propose le dossier à l'UNESCO, qui a 18 mois pour l'instruireTexte: Audrey WILLIART
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