Ça vient de sortir
Face a face
• La traque des résistants nordistes
Grégory Célerse

Mai 1940. L'Allemagne envahit la Belgique qui capitule rapidement. Les Anglais reculent vers Dunkerque (Opération Dynamo). L'armée française s'effondre. A Lille, les soldats allemands reprennent vite leurs marques dans la capitale des Flandres déjà occupée en 1914-1918. Le Nord-Pas de Calais est rattaché à la Belgique sous l'autorité de Bruxelles et la Gestapo s'installe à la Madeleine dans le quartier Botanique. Grégory Célerse décrypte avec précision l'organisation et les activités de la police de sûreté allemande créée en 1933 par Hitler. Il revient sur le recrutement des "indicateurs" dans la région, sans la collaboration desquels la traque des résistants n'aurait pas été aussi efficace. Certains épousent la cause nazie par conviction, d'autres pour s'enrichir, d'autres encore par la contrainte... Tout n'est pas aussi manichéen qu'on ne le pense. Toujours est-il qu'à partir de 1942, le renforcement des mesures de police en France facilite les arrestations et mises en détention. Le ton se durcit. Organe de renseignement, la Gestapo devient cellule répressive. La machine est lancée. Interrogatoires et conditions de détention abominables, en 1943, la quasi-totalité des résistants arrêtée par la Gestapo va connaître la prison de Loos. Grégory Célerse explore l'univers sombre de l'occupation. On revit non sans émotion le massacre d'Ascq de 1944. Plus étonnant, il aborde le profil psychologique des "bourreaux" comme l'énigmatique Kurt Kohl, directeur du poste de la Madeleine. Une enquête passionnante sur une facette de la guerre encore trop peu abordée.
Editions des Lumières de Lille, 20 €, 185 pages. http://leslumieresdelille.com
Retrouvez l'interview complète dans le N°103, actuellement en kiosques
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Philippe Geluck
Ça vient de sortir
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